09/12/07

Un an après Dawson

 

Il y a un an aujourd’hui avait lieu la fusillade du Collège Dawson à Montréal, qui fit une victime en la jeune Anastasia de Sousa, et deux morts au total en comptant l’auteur du drame, le jeune homme reclus et visiblement dérangé du nom de Kimveer Gill. Un an plus tard, quelles leçons tirer d’un tel événement?

D’abord, le traitement médiatique de l’affaire a été tout simplement épouvantable. On accorda de l’attention aux analyses les plus saugrenues et on exploita au maximum tout le côté tragique et émotif de l’affaire. Des images du tireur abattu ont été diffusées partout, même en page titre des plus grands quotidiens, ce qui n’était certainement pas nécessaire.

 

Mais ce qui est le pire suite à toute cette histoire, c’est qu’on chercha, au-delà de l’auteur de la tragédie, d’autres responsables. On dressa le profil psychologique de Kimveer Gill de toutes les façons possibles, examinant tout ce qui pourrait expliquer pourquoi il avait commis l’irréparable. On blâma donc la musique qu’il écoutait, la culture dite « gothique » à laquelle il s’identifiait, et finalement, on s’arrêta sur son penchant pour les armes. S’il n’avait pas eu d’armes à portée de main, il n’aurait pas pu entrer au Collège Dawson pour semer la mort, a-t-on dit.

 

Cette idée fut reprise, en pleine campagne électorale, par le Premier ministre Jean Charest, qui promit un meilleur contrôle des armes à feu, se permettant même d’appeler le projet de loi à cet effet le projet « Anastasia ». Il adhérait ainsi à la thèse de tous ceux qui voyaient les armes à feu comme responsables de la mort de la jeune fille. Or, il n’y a pas de plus grande foutaise que cette affirmation.

 

Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, l’a reconnu lui-même : si le projet de loi Anastasia avait existé avant la tragédie de Dawson, cela n’aurait pas empêché le drame de se produire. Pourquoi alors appeler le projet de loi ainsi? Pourquoi l’annoncer lors d’un véritable « show » à Dawson, alors que son contenu est si faible et qu’on ne résout pas, au bout du compte, le problème? Il faut bien se le dire : ce n’est pas tant l’arme qui est dangereuse que la personne qui la manipule.

Un an plus tard, rien n’a changé, car nous sommes passé à côté du véritable enjeu de l’affaire : la santé mentale. À la base d’événements tragiques comme Dawson, la Polytechnique, Virginia Tech ou autres, il y a les problèmes de santé mentale. Tous les auteurs de ces tragédies souffraient de troubles mentaux ou se trouvaient dans un état de détresse psychologique très inquiétant. Mais de cela, ni les médias et ni le gouvernement n’ont jugé bon d’en parler plus que le reste. Le problème demeure entier.

Posted by Martin at 23:03:31 | Permanent Link | Comments (0) |
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