Le ministre Dupuis a la mémoire courte
L’ADQ vient tout juste de lancer une consultation publique sur la délinquance sexuelle, dans le but de rencontrer différents intervenants sur un sujet qui inquiète grandement la population. Dès l’annonce de cette initiative plutôt ambitieuse pour un parti d’opposition, le gouvernement libéral a réagi en brandissant encore une fois le même vieux spectre si facile à utiliser contre Mario Dumont, soit celui de « l’opportuniste politique ».
D’après le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, le Chef de l’ADQ essaierait de « surfer » sur l’émotivité des gens, en s’appropriant un capital de sympathie issu de la tragédie vécue présentement par l’affaire de la petite Cédricka Provencher. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a la mémoire courte!
Aurait-il déjà oublié qui a utilisé à des fins politiques, en pleine campagne électorale, la tragédie survenue à Dawson en septembre 2006? Est-ce qu’il se souvient de qui a tiré profit de l’émoi et de la colère des citoyens suite à la terrible fusillade, en annonçant un projet de loi pour entreposer les armes à feu dans les clubs de tir dès la rentrée parlementaire du printemps dernier? Rappelons-lui donc qui a fait preuve d’un tel opportunisme politique : son chef de parti et Premier ministre du Québec, Jean Charest!
Alors quand on taxe les autres de démagogie, il faut se regarder dans le miroir avant et se demander : pourquoi une consultation générale sur les armes à feu et pas une consultation publique sur la délinquance sexuelle? Pourquoi questionner le public sur un sujet et pas sur l’autre? La réponse est toute simple : le ministre Dupuis sait très bien que la consultation de l’ADQ a bien plus de chances de réussir à faire quelque chose que celle qu’il a lui-même initiée sur son projet de loi bidon sur les armes à feu, que tous considèrent aussi insipide que ses déclarations.
