Gauche caviar version Marois.

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Une femme et son manoir
Katia Gagnon
La Presse
«Aucun journaliste n’est jamais entré dans le célèbre manoir du couple Marois-Blanchet, à un jet de pierre du country club de l’Île-Bizard. Aucun?
En 2005, Pauline Marois y admettait les représentants d’une revue à potins. «On a pris des photos des enfants dans le jardin. Mais je ne voulais pas voir la maison sur les photos», dit Mme Marois.
Pourquoi? «Parce que c’est une grosse maison et que je vais encore me faire écoeurer», lance-t-elle.
Grosse maison? Le mot est faible. Lorsqu’elle dort chez elle, Pauline Marois sort à l’aube faire de la marche rapide, main dans la main avec son mari. Ils vont chercher le journal. Au dépanneur? Non, à la grille de la propriété. Aller-retour, une marche de… deux kilomètres.
Il a fallu acheter cinq lots dans l’Île-Bizard pour construire le «manoir». Évaluation municipale: trois millions.
Catherine, l’aînée des enfants, vit désormais à Québec. Mais la maison loge encore les trois garçons du couple, Félix, François-Christophe et Jean-Sébastien, tous dans la vingtaine. Toutes les blondes des garçons habitent la résidence. La mère de Claude Blanchet y a été hébergée jusqu’à sa mort. Et Magali, la fidèle aide domestique du couple, y demeure depuis près de 20 ans. Elle y a ses propres appartements.
«On peut la décrire comme une châtelaine, mais on passe à côté de la réalité. C’est une maison très accueillante pour des enfants de toutes sortes de milieux», dit son amie et collègue Louise Harel.
Il y a deux ans, quand elle l’a reçue à dîner, Pauline Marois a sonné une grosse cloche. «Je ne sais pas combien d’enfants je vais avoir.» À l’époque, le couple hébergeait, en plus de la tribu habituelle, l’ami d’enfance d’un des garçons, victime d’un grave accident de voiture.
«C’est une maison pleine de monde tout le temps», raconte un ami. La table de la salle à manger, colossale, peut facilement asseoir 15 personnes. Et, immanquablement, «Pauline», qui adore cuisiner, est aux fourneaux».
Pour une femme se disant socialiste c'est un peu paradoxal d'avoir une petite cabane de trois millions ainsi qu'une domestique, mais c'est pourtant le cas, ce qui prouve encore une fois qu'il existe bel et bien une bougeoisie prolétarienne.

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