04/24/07

Retour sur la conférence de Théhéran.

Un peu avant Noël a eu lieu en Iran une conférence inhabituelle ayant pour thème l'holocauste. Le sujet est délicat mais mérite d'être traité.

Tout d'abord il est clair que le régime Iranien est ouvertement négationiste et anti-israel dans toutes ses positions, ce n'est un secret pour personne. Le régime a invité des "spécialistes" étrangers sur la question à venir s'exprimer publiquement en Iran dans le cadre de ce sommet. Sans grande surprise la conférence a été fortement critiqué par la communauté internationale. Est-ce sain ? Oui et non, voici pourquoi.

Tout d'abord établissont deux définitions claires : négationiste et révisioniste. Un négationiste est une personne qui nie l'existence même de l'holocauste tandis qu'un révisioniste est une personne qui met en doute l'ampleur du phénomène. Rappelons que les estimations face au nombre de juifs exterminé dans les camps varient de 150 000 à plus de 6 millions et demi d'individus selon les sources.

L'Iran, malgré ses intentions ouvertement antisémites ammène un point intéressant : une possibilité de dialogue et d'étude. Car dans les démocraties occidentales le sujet est tabou, même punissable de prison dans certains pays. L'holocauste est un intouchable au sens juridique. Il est d'une part intéressant de constater qu'un régime dictatorial permette des discutions sur le sujet, ce qui n'est pas le cas en Occident. Évidement il s'agit de servir le régime rien à voir avec les droits de l'homme et de là la nécessité de critique de l'Occident face à des études biaisées et bourrées d'opinions plutôt que de faits.

Cependant il est en quelque part ridicule d'interdir les études sur l'holocauste comme il est fait en Occident, mais avec un bémol important : un controle strict des dites études. Il est évident que le risque de récupération par des forces antisémites est grand, de là le bémol de contrôle, il faut que les études soit faites par des spécialistes indépendants, de toutes religions, avec rigeur et dans une optique scientifique.

Le négationisme est une chose, il me semble, facile à combattre. Les preuves sont nombreuses pour prouver qu'il s'agit d'une conception fausse de l'histoire. En ce qui concerne le révisionisme pourquoi ne pas faire une commission de l'ONU sur le sujet ? Qu'on étudie une bonne fois pour toute de façon sérieuse le sujet! Tout le monde y gagne en plus! Avec une étude sérieuse il n'y aura plus aucun risque de récupération des chiffres pour justifier des vues antisémites, un complot, ou encore pour faire avancer certains lobbys. C'est en quelque sorte le triomphe de la vérité historique indiscutable.

Parce que c'est bien là la question, à qui le manque d'études claires profite ou a profité ? Aux sionistes, à l'occident, à des fillières obscures néo-nazies, aux antisémites ou à personne ? Dans tous les camps on s'accuse mutuellement. Si jamais le nombre est inférieur aux 6 millions concensuels, en quoi celà diminue le crime ? Et si jamais il est supérieur autant le savoir non ? Alors pourquoi ne pas étudier à fond la question à l'aide d'une commission internationale et avoir une bonne fois pour toute la vérité sur ces pages d'histoire du XXe siècle ?
Posted by Emmanuel at 16:46:48 | Permanent Link | Comments (0) |
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