03/27/07

Une victoire convaincante - Des victoires convaincantes

  

Hier soir, un cataclysme politique s’est produit au Québec, tel que nous n’en avons jamais vu. Les électeurs ont donné une très courte majorité à un parti politique, en l’occurrence le Parti Libéral, pour ainsi porter au pouvoir un gouvernement minoritaire, une première depuis 1878. Il s’agit d’une belle victoire, d’une victoire très, très convaincante. Mais pas pour les Libéraux.

  

Quand un gouvernement sollicite un deuxième mandat et qu’il passe de 73 à 48 sièges (perte de 25), on ne peut parler de victoire. Quand un parti passe de 5 députés à 41 en s’accaparant le titre d’opposition officielle, on doit parler de victoire incontestable. Enfin, quand un parti n’obtient que 28% des voix, son plus bas score depuis 30 ans, et qu’il passe au statut de tiers parti en perdant 9 sièges, il s’agit de toute une déconfiture.

  

L’ADQ a réussi l’inconcevable : se tailler une place dans le système politique québécois en brisant la bipolarité traditionnelle de celui-ci. La troisième voie a été entendue et les électeurs ont rendu leur verdict : Mario Dumont est maintenant chef de l’opposition officielle, avec une équipe de recrues qui auront l’occasion de se faire valoir au salon bleu dans très peu de temps. Un vent de fraîcheur souffle aujourd’hui sur l’Assemblée nationale, à l’aube du printemps 2007.

  

Ce matin, pour expliquer un tel état de choses, bien des analystes, comme l’a déjà souligné Emmanuel, parlent d’un grand rejet, d’une colère électorale, d’un vote de contestation. Certes, cela y est pour beaucoup, mais cette explication est trop facile. En si l’ADQ aurait des idées qui intéressent une majorité de Québécois, qui séduisent les électeurs assez pour voter de ce côté? Et si l’ADQ, au-delà de la colère, aurait tout simplement la meilleure offre politique? Après tout, n’est-ce pas pour cela que l’on vote?

  

Nous avons eu droit hier, au-delà de seulement la victoire convaincante de l’ADQ au niveau national, à des victoires convaincantes chez plusieurs adéquistes, qui nous montrent que le seul vote de contestation ne suffit pas.

 

 

 Janvier Grondin, Beauce-Nord : 62,6%    Sylvie Roy, Lotbinière : 59,2%   Marc Picard, Chutes-de-la-Chaudières : 59,0%     Mario Dumont, Rivière-du-Loup : 58,6%    Claude Morin, Beauce-Sud : 56,8%    Gilles Taillon, Chauveau : 55,6%    Sylvain Légaré, Vanier : 51%    Hubert Benoît, Montmorency : 50,9%   

Éric Caire, La Peltrie : 50,8%

  

C’est à se demander si nous ne devons pas parler de châteaux-fort adéquistes dorénavant! Tous ces élus ont d’ailleurs réalisé une meilleure marque que André Boisclair (47,4%) et que Jean Charest (36,6%), ce dernier en ayant arraché toute la soirée face à un péquiste coriace.

 

  Certes y a-t-il eu un vote contre le PQ et le PLQ, mais il y a eu énormément de votes pour l’ADQ aussi, ce que semblent sous-estimer la plupart des analystes. S’il s’agissait uniquement d’un vote de contestation, l’ADQ n’aurait pas tout raflé et Québec solidaire et le Parti vert ne se seraient pas contenté de parts aussi ridicules du vote d’hier. C’est parce qu’elle constitue une alternative sérieuse et crédible, avec des idées gagnantes auprès de l’électorat, que le parti de Mario Dumont cogne maintenant aux portes du pouvoir.
Posted by Martin at 19:11:31 | Permanent Link | Comments (0) |
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