Un débat à cinq?
Il faut voir Françoise David quémander sa place au débat des chefs depuis quelques temps, comme si elle la méritait vraiment. Mais les Verts ont-ils demandé à en faire partie jusqu’à présent? Il semble que non, car ils sont trop occupés à organiser leur campagne avec le peu de moyens dont ils disposent. Pourtant, le dernier sondage Léger Marketing pour Le Devoir ne les placent-ils pas au coude à coude avec Québec Solidaire dans les intentions de votes des Québécois?
Suivant une logique très élémentaire, Le Parti Vert devrait participer au Débat des Chefs si Québec Solidaire en est (eux qui n’ont toujours pas de chef d’ailleurs). Cela signifierait donc qu’il y aurait un débat à cinq chefs, chose qui ne s’est jamais vu au Québec. Mais cela s’est déjà vu au Canada, à l’élection de l’an 2000, où quatre chefs de partis régionaux (ou moribonds) attendaient tour à tour pour attaquer le premier ministre de l’époque Jean Chrétien.
Jamais l’un d’entre eux n’a pu prendre un momentum et marquer de bons points, car il fallait laisser la parole à l’autre. Jamais donc Jean Chrétien ne s’est senti menacé. Et les téléspectateurs, essayant de démêler les cinq options qui leur étaient présentées, n’en ont été que plus confus, ce qui a fait que ce débat n’est pas passé à l’histoire. Comme quoi quand on veut plaire à tout le monde, on finit par ne plaire à personne.
Bref, un débat à cinq, en plus de ne pas être approprié et probablement ennuyeux, serait injuste pour les trois partis qui respectent le seul critère qui compte pour avoir un billet d’entrée au débat des chefs : la représentations parlementaire. Voilà pourquoi un débat à trois s’impose.
