Accepter sa défaite
Il y a de ces députés qui acceptent difficilement d’être battus aux élections, et leur rancœur est si grande au lendemain de la défaite qu’ils ne la contiennent qu’à peine. Les journalistes le savent bien, et c’est pourquoi ils s’empressent de rencontrer les perdants pour collecter les excuses.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous avons été gâtés cette élection-ci en déclarations ridicules de nouveaux ex-député(e)s. Commençons d’abord par les Libéraux : Carole Théberge, qui déclare prestement que « les citoyens de Lévis vont s’ennuyer de moi », Yves Bolduc, candidat libéral dans Lac-St-Jean, qui déclare que la population de cette région a été « ingrate » de ne pas voter du bon bord, considérant que le gouvernement a investi beaucoup là-bas, et Karl Blackburn, député défait dans Roberval, qui ne comprend pas qu’avec un « bilan impeccable », on n’ait pas voté encore pour lui. Mais la palme de l’excuse libérale revient à Raymond Bernier, député sortant défait dans Montmorency, qui a visé les « radios de Québec » comme responsable de son propre malheur, sous-entendant qu’elles feraient la promotion de l’ADQ. Une analyse très rigoureuse du résultat électoral!
Chez les péquistes aussi, il y a eu des dérapages d’après-campagne, et on essaie de comprendre ce qui s’est passé. Mais l’examen de conscience semble en voie de se faire, ce qui n’est pas du tout le cas chez les Libéraux, qui s’entêtent à défendre un bilan indéfendable. Si quelques candidat(e)s défaits ont tenté de trouver des excuses, comme celle de l’homosexualité d’André Boisclair, il faut donner le mérite à beaucoup de péquistes d’essayer de remettre en question leur vieux programme et certaines idées impopulaires. Mais il faudra voir quelles suites il y aura à cela.
Il reste que, au lendemain de défaites électorales, il y a toujours des perdants plus frustrés que les autres, et cela donne des réactions parfois cocasses. Ou des explications aussi stupides que celle de l’ex-député de Montmorency, par exemple. Heureusement, c’est bien souvent la dernière fois qu’on les entend, la plupart du temps! Peut-être apprendront-ils alors à accepter leur défaite, avec un peu de recul.
