03/31/07

Accepter sa défaite

 

Il y a de ces députés qui acceptent difficilement d’être battus aux élections, et leur rancœur est si grande au lendemain de la défaite qu’ils ne la contiennent qu’à peine. Les journalistes le savent bien, et c’est pourquoi ils s’empressent de rencontrer les perdants pour collecter les excuses.


Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous avons été gâtés cette élection-ci en déclarations ridicules de nouveaux ex-député(e)s. Commençons d’abord par les Libéraux : Carole Théberge, qui déclare prestement que « les citoyens de Lévis vont s’ennuyer de moi », Yves Bolduc, candidat libéral dans Lac-St-Jean, qui déclare que la population de cette région a été « ingrate » de ne pas voter du bon bord, considérant que le gouvernement a investi beaucoup là-bas, et Karl Blackburn, député défait dans Roberval, qui ne comprend pas qu’avec un « bilan impeccable », on n’ait pas voté encore pour lui. Mais la palme de l’excuse libérale revient à Raymond Bernier, député sortant défait dans Montmorency, qui a visé les « radios de Québec » comme responsable de son propre malheur, sous-entendant qu’elles feraient la promotion de l’ADQ. Une analyse très rigoureuse du résultat électoral!

 

Chez les péquistes aussi, il y a eu des dérapages d’après-campagne, et on essaie de comprendre ce qui s’est passé. Mais l’examen de conscience semble en voie de se faire, ce qui n’est pas du tout le cas chez les Libéraux, qui s’entêtent à défendre un bilan indéfendable. Si quelques candidat(e)s défaits ont tenté de trouver des excuses, comme celle de l’homosexualité d’André Boisclair, il faut donner le mérite à beaucoup de péquistes d’essayer de remettre en question leur vieux programme et certaines idées impopulaires. Mais il faudra voir quelles suites il y aura à cela.

 

Il reste que, au lendemain de défaites électorales, il y a toujours des perdants plus frustrés que les autres, et cela donne des réactions parfois cocasses. Ou des explications aussi stupides que celle de l’ex-député de Montmorency, par exemple. Heureusement, c’est bien souvent la dernière fois qu’on les entend, la plupart du temps! Peut-être apprendront-ils alors à accepter leur défaite, avec un peu de recul.

 

Posted by Martin at 04:13:07 | Permanent Link | Comments (0) |

03/27/07

Une victoire convaincante - Des victoires convaincantes

  

Hier soir, un cataclysme politique s’est produit au Québec, tel que nous n’en avons jamais vu. Les électeurs ont donné une très courte majorité à un parti politique, en l’occurrence le Parti Libéral, pour ainsi porter au pouvoir un gouvernement minoritaire, une première depuis 1878. Il s’agit d’une belle victoire, d’une victoire très, très convaincante. Mais pas pour les Libéraux.

  

Quand un gouvernement sollicite un deuxième mandat et qu’il passe de 73 à 48 sièges (perte de 25), on ne peut parler de victoire. Quand un parti passe de 5 députés à 41 en s’accaparant le titre d’opposition officielle, on doit parler de victoire incontestable. Enfin, quand un parti n’obtient que 28% des voix, son plus bas score depuis 30 ans, et qu’il passe au statut de tiers parti en perdant 9 sièges, il s’agit de toute une déconfiture.

  

L’ADQ a réussi l’inconcevable : se tailler une place dans le système politique québécois en brisant la bipolarité traditionnelle de celui-ci. La troisième voie a été entendue et les électeurs ont rendu leur verdict : Mario Dumont est maintenant chef de l’opposition officielle, avec une équipe de recrues qui auront l’occasion de se faire valoir au salon bleu dans très peu de temps. Un vent de fraîcheur souffle aujourd’hui sur l’Assemblée nationale, à l’aube du printemps 2007.

  

Ce matin, pour expliquer un tel état de choses, bien des analystes, comme l’a déjà souligné Emmanuel, parlent d’un grand rejet, d’une colère électorale, d’un vote de contestation. Certes, cela y est pour beaucoup, mais cette explication est trop facile. En si l’ADQ aurait des idées qui intéressent une majorité de Québécois, qui séduisent les électeurs assez pour voter de ce côté? Et si l’ADQ, au-delà de la colère, aurait tout simplement la meilleure offre politique? Après tout, n’est-ce pas pour cela que l’on vote?

  

Nous avons eu droit hier, au-delà de seulement la victoire convaincante de l’ADQ au niveau national, à des victoires convaincantes chez plusieurs adéquistes, qui nous montrent que le seul vote de contestation ne suffit pas.

 

 

 Janvier Grondin, Beauce-Nord : 62,6%    Sylvie Roy, Lotbinière : 59,2%   Marc Picard, Chutes-de-la-Chaudières : 59,0%     Mario Dumont, Rivière-du-Loup : 58,6%    Claude Morin, Beauce-Sud : 56,8%    Gilles Taillon, Chauveau : 55,6%    Sylvain Légaré, Vanier : 51%    Hubert Benoît, Montmorency : 50,9%   

Éric Caire, La Peltrie : 50,8%

  

C’est à se demander si nous ne devons pas parler de châteaux-fort adéquistes dorénavant! Tous ces élus ont d’ailleurs réalisé une meilleure marque que André Boisclair (47,4%) et que Jean Charest (36,6%), ce dernier en ayant arraché toute la soirée face à un péquiste coriace.

 

  Certes y a-t-il eu un vote contre le PQ et le PLQ, mais il y a eu énormément de votes pour l’ADQ aussi, ce que semblent sous-estimer la plupart des analystes. S’il s’agissait uniquement d’un vote de contestation, l’ADQ n’aurait pas tout raflé et Québec solidaire et le Parti vert ne se seraient pas contenté de parts aussi ridicules du vote d’hier. C’est parce qu’elle constitue une alternative sérieuse et crédible, avec des idées gagnantes auprès de l’électorat, que le parti de Mario Dumont cogne maintenant aux portes du pouvoir.
Posted by Martin at 19:11:31 | Permanent Link | Comments (0) |

03/26/07

Dernière projection avant le vote

  

Le propriétaire du site DemocraticSpace a dévoilé aujourd’hui à 16h00 sa dernière projection en vue du scrutin de demain, suite aux sondages Crop et Léger Marketing de samedi. Il s’agit là de la plus fiable qu’il aura faite au cours de la campagne, et les résultats de demain nous dirons à quel point elle l’est.

  

D’ici là, notons que 55 sièges iraient au Parti Libéral, 47 au Parti Québécois et 23 à l’Action démocratique. Il s’agirait alors, par rapport à l’élection de 2003, d’une stagnation du PQ, de grosses pertes pour le PLQ et de gains très importants pour l’ADQ. Nous nous retrouverions devant un gouvernement minoritaire où la balance du pouvoir appartiendrait à l’ADQ.

  

Les auteurs de ce blogue tiennent à souligner la très belle initiative prise par Gregory D. Morrow, qui a su piquer la curiosité de beaucoup de gens avec ses nombreuses projections. En espérant pouvoir compter sur ses services lors d’une très prochaine élection fédérale!

 

  Voir : http://democraticspace.com/blog/quebec2007
Posted by Martin at 01:42:49 | Permanent Link | Comments (4) |